Association de Recherches et d'Etudes pour la Sauvegarde et la Valorisation du Patrimoine Lucquois
martyrs
Les restes des Martyrs et leur devenir

Le 28 février 1978, jour anniversaire du Massacre, le père Marie-Auguste Huchet prononçait une allocution à la chapelle du Petit Luc pour apporter quelques précisions.

Que sont devenus les ossements des martyrs du Petit-Luc ?

Le curé Jean Bart, dans sa notice de 1874, nous précise ceci :
« On réunit les restes de tant d'infortunés... On les déposa dans une fosse commune, sous les décombres du sanctuaire détruit. Et c'est là qu'en 1863 ces ossements précieux ont été découverts, enlacés encore du scapulaire du Sacré-Cœur et du rosaire dont ces pieux chrétiens s'étaient servi pour murmurer leurs dernières prières. Quelques-unes des balles qui les avaient frappés se trouvaient aussi mêlées à leurs cendres... »

En 1903, un prêtre qui avait pris sa retraite aux Lucs, l'abbé Denis, dans le compte- rendu de la restauration du calvaire appelé « Croix du Souvenir », route de Rocheservière, écrit : « Cette croix de mission est plantée dans un tertre formé par les ossements et les cendres vénérés d'un millier de martyrs immolés en 1793, à genoux et en prière dans la chapelle du Petit-Luc...


La Croix du souvenir


Les dalles formant une rosace

Ce n'est pas exact : seuls les décombres de l'église furent transportés là-bas ; le curé Jean Bart, le bâtisseur de cette chapelle, nous le dit explicitement dans sa notice :
«  durant la mission de 1863, on avait déblayé la chapelle et transporté les décombres à l'emplacement de la croix-souvenir, route de Rocheservière ». Jean Bart avait pourtant bien distingué les décombres transfé­rés route de Rocheservière, et les ossements qui étaient sous les décombres.
Certains ont assuré que les ossements sont restés dans la chapelle, sous les dalles de granit formant rosace. Mais non, ils n'y sont plus. Et c'est grand dommage ! Il y a donc eu une fâcheuse confusion entre les restes des victimes et les décombres de l’église ;  les générations suivantes ont été induites en erreur !

En 1863, les ossements furent transportés en quatre grands cercueils au cimetière actuel, à l'endroit précis où M. le curé Prouteau voulut avoir sa tombe. Bien que l'on n'eut marqué cet ossuaire d'aucune épitaphe, d’aucun signe (grave oubli de Jean Bart), les anciens n'en avaient pas perdu le souvenir, et en particulier le sacristain Firmin Vrignaud.

Firmin Vrignaud (cf. La dynastie des Vrignaud, sacristains de père en fils sur huit générations ! (revue Lucus n°6)), né en 1865, le fils du sacristain et fossoyeur Jean-Baptiste Vrignaud, lui-même sacristain et fossoyeur, a attesté le fait que son père avait bien enterré les restes des victimes et que l’endroit de leur tombe était respecté afin de ne jamais y enterrer d’autres corps. Firmin Vrignaud, a indiqué à l'abbé Prouteau (curé des Lucs de 1937 à 1948) l'emplacement exact de cette sépulture.  Postulateur de la Cause des enfants-martyrs, le curé Prouteau voulut et a été enseveli parmi eux.

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 Un témoignage concordant, est celui d'Adèle Fétiveau, présidente pendant plus de 40 ans de la congréga­tion des Enfants de Marie et qui a passé au Petit-Luc toute sa vie. Elle a certifié que quatre grands cercueils, renfermant les ossements des martyrs, furent transportés au cimetière en 1863. Elle avait une douzaine d'années à l'époque et elle a assisté à ce transfert.

Le père Marie-Auguste Huchet termina son allocution sur ces mots :

«  Quand mourut M. Prouteau, en 1948, j’étais en Afrique, au Tchad. Et je n'avais jamais su si, oui ou non, on avait trouvé là des ossements, en creusant la tombe de notre curé. En mai 1974, j'ai eu l'occasion de poser la question à M. Roger Martin qui, avec Alexandre Brochard, avait préparé le caveau de M. Prouteau. Roger Martin — que je vois dans cette assistance — m'a certifié — et il peut vous certifier — qu'il trouva de fait en pleine terre une foule de débris d'ossements, très anciens, deux pleines brouettées. Il les recueillit pieusement, les lava et, après la sépulture de M. le Curé, il les disposa dans le nouveau caveau en ciment, tout autour du cercueil. Ainsi était sauvegardée la volonté de notre cher curé qui, par un travail acharné, de nuit et de jour, et avec tant d'amour, avait préparé la cause de Béatification : il reposait au milieu de ses petits martyrs...
     Pourtant, je ne puis m'empêcher de penser que ces ossements seraient mieux à leur place dans la chapelle du Petit-Luc. Sera-t-il possible de procéder un jour à ce transfert ?

Père Marie-Auguste Huchet, historien du Massacre

L’association Lucus partage le point de vue du Père Marie-Auguste Huchet à propos du transfert des ossements vers la chapelle et met tout en œuvre dans cette optique. Il va de soi que le curé Prouteau, qui voulait être enseveli parmi eux, et a donc permis leur sauvegarde, les rejoigne, unis à jamais…

 
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