Association de Recherches et d'Etudes pour la Sauvegarde et la Valorisation du Patrimoine Lucquois
toponymie
Essai de toponymie sur les villages et lieux-dits des Lucs-sur-Boulogne

La toponymie est la science qui étudie les noms de lieux afin d’en retrouver l’origine et la signification. Si certains semblent évidents comme « Bellevue », d’autres sont parfois incompréhensibles  car ils ont été donnés dans une langue qui n’est plus la nôtre ou se sont modifiés au cours des siècles, parfois déformés en passant de bouche à oreille.

La grande majorité des noms de « villages » et lieux-dits remontent au Moyen Age : XIIe, XIIIe et XIVe siècle. C’est à cette époque que les paysans s’installent durablement sur la terre qu’ils cultivent et construisent une maison pour plusieurs générations. Or la langue française, comme langue nationale commune n’existait pas. C’était le dialecte poitevin, parlé sur une zone géographique actuelle d’environ cinq départements (Vendée, Deux-Sèvres, Vienne, Charente et Charente-Maritime).

Les noms de lieux poitevins peuvent avoir aussi des origines celtiques, gauloises, latines, et germaniques, qui apparaissent avec les différentes vagues d’envahisseurs. Pour former les noms de lieux, on peut emprunter un nom au paysage qui évoque par exemple la nature du sol, le relief, les lieux boisés, les animaux, les plantes etc. ou encore le nom du premier propriétaire.

Les noms se terminant en -aie,-ie,-erie,-ière : Principalement formés au Moyen Age pour désigner des noms de domaine. Le suffixe –ière vient du latin –aria. En poitevin :-ère.

Avertissement : Tous les noms ne peuvent être interprétés avec une certitude absolue. Différentes versions sont parfois possibles. Il reste aussi des interrogations. Les interprétations ci-dessous peuvent être sujettes à contestation. Toute autre explication ou précision sera la bienvenue. 

 Les Lucs, Réunion de deux paroisses : St Pierre de la commune du Grand Luc et Notre Dame de la commune du Petit Luc en 1806 ; du latin lucus « bois sacrés ». Appelée Lucho au XIe siècle, Lucum au XIIIe, Luco au XIVe.

La Boulogne, La longueur de son cours est de 81,6 km. Elle prend sa source en Vendée, sur la commune de Saint-Martin-des-Noyers, trace son cours à la limite des communes des Essarts et de La Merlatière, puis remonte vers le nord. Elle arrose notamment les communes de Boulogne, Les Lucs-sur-Boulogne et Rocheservière en Vendée, puis entre en Loire-Atlantique, où elle arrose Corcoué-sur-Logne, Saint-Colomban et Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, avant de se jeter dans le lac de Grand-Lieu.
Avant le bourg de Saint-Philbert, elle reçoit un affluent de rive gauche, la Logne.
 Vedonia au 1er siècle, Bidonia au VIIe et Bolonia au XIVe. La commune a pris le nom :  Les Lucs-sur-Boulogne en juillet 1891. L’origine du nom est incertaine. On estme que l'on a affaire à une composition du mot gaulois onna (rivière) devenu onia et de ved (gué). Dans le cas de la Logne, le mot onia donne Ogne, puis l'Ogne et la Logne. L'Ognon est un dérivé de Ogne. 

Abbaye (l’), Nom porté par de nombreux villages : seize en Vendée. Ancien prieuré dit de Landenoire, fondée par les sœurs de Fontevraud ; deux parcelles s’appellent respectivement « le cimetière » et « la chapelle »( dédiée à Ste Madeleine).

Alexandrie, De retour au pays après un conflit armé, les soldats ont parfois donné à leur domicile le nom de la ville où leurs troupes s’illustrèrent. Le nom pourrait dater de la fin du XVIIIe siècle, et relatif à la prise d’Alexandrie ( Egypte) par la flotte française contre les anglais en 1798, sous les ordres du consul Bonaparte ( 35 000 soldats).

Aurière (l’), Ce village a la particularité d’être à la fois sur deux communes : les Lucs et St Denis-la-Chevasse où il est nommé l’Aurière des Landes. Deux origines sont possibles : l’occitan aurière qui signifie le minerai d’or ou le latin laurus pourla plante « laurier ».

Baucherie (la), Autrefois la « Boscherie » qui appartenait à Jacques Boscher, écuyer seigneur de la Boscherie ; il épousa Jacquette Buet du Plessis en 1635 ( voir Plessis-Buet).

Beauséjour, Comme son nom l’indique. Terme équivalent à « Beaulieu » mais plus moderne. Il évoque la recherche du bonheur, du repos loin de l’agitation des villes.

Beauvillage, Comme son nom l’indique.   

Bel-Air, Situé à la sortie de l’agglomération ; 122 en Vendée. Il est à noter que la plupart des « Bel-air » sont des maisons isolées ou près des agglomérations.

Bellevue, Comme son nom l’indique ; 51 en Vendée. A  rapprocher de « Bel-air » et surtout de « Beauregard » et de « Beauvoir ». Moderne, s’applique souvent à des maisons neuves construites sur des points élevés d’où l’on découvre un large horizon. 

Bernerie (la), Peut-être un  lieu de tissage de draps, appelés « bernes ». En celtique, bern signifie ours.

Blouères (les), Se rapproche de l’ancien verbe blaier, bléer ( semer le blé). De là : blure, blaire, blère, champ de blé, terre à blé puis domaine rural, métairie.

Bourgneuf, Le mot bourg est d’origine germanique : Burg « ville fortifiée ». Autrefois, village proche du bourg des Lucs. Présence d’une ancienne chapelle (N.D. du Bon Secours) élevée en 1736 par François Mercier des Rochettes, sénéchal de la Principauté-Pairie des Lucs de 1739 à 1781.

Bregeon (le), De bréger, raccourcir. Signifie aussi « sillon court »( petit terrain ou en forme de triangle) ou « retenue de terre »( digue).

Bretonnière (la), Bertonere en 1260. Pourrait être lié à la Grande-Bretagne qui s’appelait Britannia, alors que la Bretagne actuelle s’appelait Armorica. Plus simplement du nom de famille de l’habitant : Breton, Berton, ou ayant servi ou voyagé en Bretagne.

Bromière (la), Peut-être en rapport avec la pauvreté de la terre, de ses mauvais rendements : du verbe « bramer » en occitan, « bromer » en poitevin quand les vaches ont faim sur un pâturage médiocre.

Brosse (la Petite, la Grande), Signifie « broussailles. Du latin populaire bruscia, excroissance, rejetons d’une souche. Les dérivés sont broce ou brousse.

Bruère (la), Variante de « bruyère ». Dérivé très ancien du gaulois brucus et du provençal bruc : lieu planté de bruyères, terre inculte.

Bugelière (la),En occitan poujol  signifie « hauteur, monticule ». Le gascon pujòu a donné Pujols ; par déformation : « Bujol » puis « Bugelière ». Nous savons qu’il existait aux Lucs une colonie de gascons ( voir la Gaconnière).

Cernetière (la), Peut venir du « cerne », l’espace circulaire où se dresse le moulin ou bien de la technique qui consistait, au Moyen Age, à cerner ou inciser les arbres pour les faire périr.

Champ Dolent (le Petit, le Grand), Indique un souvenir douloureux attaché à la localité. « Dolent » ou « Dolens » est synonyme de douleur, de souffrance. Peut-être le lieu d’exécution des sentences de mort rendues par le sénéchal de la Principauté-Pairie qui avait droit de Haute et Basse Justice et Moyenne Justice ( Lucus n° 3).
 
Chasselandière (la), Vestiges d’un château important. Cette maison noble se situe près des Landes de Launay qui faisaient partie des « terres » où les propriétaires chassaient. « Chasser dans les landes, par extension : « Chasselande » puis « Chasselandière ».

Chef-du-Pont, L’origine de ce nom : Caput Pontis vient sans doute du péage qui devait, au Moyen Age, être perçu par le seigneur du Luc. Situé à proximité d’une voie romaine. Une tannerie y fut installée au XIXe siècle.

Constantine, Souvenir d’une bataille militaire. Evoque généralement la prise de Constantine  (Algérie) en 1837 après un siège de 305 jours par les soldats du Maréchal Clauzel puis du Général Damrémont. Nom probablement donné par un soldat qui, engagé dans un conflit armé, donna à sa demeure le nom de cette expédition militaire.

Cormuère (la), Dérivé de corme( en latin corma), fruit du sorbier qui servait à fabriquer une boisson. Peut venir aussi de la coutume de faire « cormer » les terres : les laisser en jachère.

Daunière (la), Vient de « Daunier », contraction de domnier : qui appartient au seigneur ou qui vient du seigneur( le maître du domaine). Du latin domnariu, de dominus, le seigneur.

Davière (la), Pourrait venir du nom de famille Daviau ou de David prononcé « Davi ».

Durantière (la), Vient probablement du nom de famille Durand ou Durant.

Erzandière (l’), ou Erzaudière ou Herzandière ou Rezandière (carte de Cassini à la Révolution). L’origine de ce nom nous est inconnue.

Ethelière (l’), Autrefois « Les Teillières ». Vient du latin tilium : le tilleul ( Les Teils dans les Deux-Sêvres) ou peut-être du verbe « teiller », c’est-à-dire séparer les fibres du lin.

Fief-Gourdeau (le), Il existe en Vendée 70 lieux-dits appelés « fief » suivi souvent par un nom de famille. Vient du latin feodum ; en poitevin : fae et feu, propriété acquise moyennant une rente perpétuelle. Un « fief » désigne aussi un terrain où est cultivé la vigne. Cette maison noble appartenait à la famille Gourdeau aux XVe et XVIe siècles.

Fissonnière (la), Ce village n’existe pas sur le cadastre napoléonien de 1837 ; il est donc relativement récent et vient du nom de famille Fisson : le 8 mai 1798 est né Jean Fisson à la Rellière de Beaufou…

Faussière (la), Ou Faussefiere ou Fossière.Vient de « fosse » qui peut désigner un vallon ou une dépression. Ou simplement une mare.

Gaconnière (la), Autrefois la Gasconnière. Vient d’un peuple, les Vascons ou Vascones, qui a envahi l’Aquitaine à partir du VIe siècle et est à l’origine du nom de la Gascogne. Sommes-nous en présence d’une colonie de Basques établis sous l’Empire romain ou au Moyen Age ?

Gâtebourse, Du verbe gaster, gâter (latin : vastare) dans le sens de « ravager », « dévaster ».  Evoque la dure condition du paysan au Moyen Age au milieu des guerres et des famines et celle du meunier de ce moulin à eau qui devait avoir des soucis de rentabilité ! Ou bien les clients lésés sur la marchandise !

Gâts (les), Désigne des terres en jachère. Correspond à l’ancien gast, terrain inculte, désert, lande ; du latin vastare « ravager,dévaster». Une rue se nomme : « des Vignes Gâtes ». En Charente, on appelle « agâts » les vignes abandonnées.

Gautrie (la), Village récent.

Genets (les), Lieu planté de genêts. Origine de la commune : la Genétouze.

Giraudelière (la), Probablement du nom de famille Giraud ou Giraudeau. La finale en –eau des noms de personnes est caractéristique de l’ouest et dans le parler local se prononçait –è. On formait aussi librement les féminins des noms en –elle : la femme de Giraudeau devenait Giraudelle.

Gobinière (la), Probablement du nom de famille Gobin.

Gourmaudière (la), Probablement du nom de famille Gourmaud.

Graizaudière (la), ou Grezaudière : viendrait du grès, roche sédimentaire dure formée de sable ou la terre glaise mêlée de sable dont on fait des poteries.

Guénière (la Petite, la Grande), L’origine nous est inconnue. Peut-être pouvons-nous tenter un rapprochement  avec le radical préceltique gan qui signifie « terre très humide ou mare, rigole boueuse ». En patois, guené veut dire : trempé, très humide.

Guillochère (la), Ou Guiochere. Probablement du nom de famille Guillocher ou Guiocher.

Guyonnière (la), S’écrivait Guionnière. Vient du nom de famille Guyon ou Guillon.

Jarrie (la), Désigne un bois de chênes verts. Comme dans garrigue, forme plus méridionale. Et par relation, un terrain  caillouteux.

Jarry (le), Même origine que le nom précédent.

Jaumerie (la)L’origine de ce nom nous est inconnue. Appelée aussi Jaumière.

Joséphine, Au XIXème, des propriétaires terriens donnèrent à leurs exploitations des prénoms de femmes de leur famille(voir Virginie).

Lamirais, L’origine de ce nom nous est inconnue.

Landa (le), «Landa » est un mot gaulois qui a donné « lande » : terre inculte peuplée d’herbes et d’arbrisseaux tels que ajoncs, genêt, bruyère, etc…

Landenoire, Village qui porte le nom du prieuré disparu tout proche, dit prieuré de Landenoire ( voir l’Abbaye).

Lanfrère (la), L’origine de ce nom nous est inconnue.

Launay, Vient de l’aulne ou aune (latin :alnus): l’arbre des milieux humides. Devenu aulnaie puis l’aulnaie.

Lavaud, Vient de la vau « la vallée » (latin : vallis).

Marchais (le), Les marchais sont des mares ou des étangs, parfois des marécages. Vient du gaulois : mercasio, du  latin : mercassius et du germanique : marisk qui a donné « marais ».

Marchais Bouin (le), Même origine que le précédent. Une vieille légende locale prétend que cette tourbière représente l’emplacement d’un monastère disparu(englouti) et que le soir de la Toussaint, on entend les cloches sonner…Curieusement, on retrouve une légende similaire dans le canton de Beauvoir-sur-Mer : à Bouin ! Rapprochement possible avec « Bouaine » (St Philbert-de-Bouaine). L’origine de ce dernier nom reste à trouver.

Marlaie (la), Viendrait de marne ou marle, mot d’origine gauloise. Des lieux( marlières ou marnières) où l’on tirait la marne pour amender les terres, parfois des lieux d’extraction d’une terre à poterie.

Martinière (la), Probablement du nom de famille Martin ou Martineau.

Ménardière (la), Probablement du nom de famille Ménard.

Métairie (la Grande), Dit aussi « Métairie de la Chasselandière ». Toponyme qui se rencontre dix-sept fois en Vendée. La « métairie » est un domaine rural exploité selon le système du métayage(frais et profits partagés entre le fermier et le propriétaire). En général, les parcelles sont regroupées autour des bâtiments. Vient du latin medietatarium.

Millesources, Nom récent qui indique un lieu humide( proximité du Marchais).

 Monplaisir, Au XIXème siècle, on assiste à l’éclosion de nombreuses villas, maisons de plaisance, résidences secondaires.

Monrepos, Nom à la signification identique au précédent. Cette demeure a remplacé un ancien logis où demeura, entre autres, l’abbé Joachim-Victor Voyneau, ancien vicaire général de Luçon, neveu du martyr. Il fut maire des Lucs d’avril à juillet 1815.

Moricière (la), Probablement du nom de famille Morisset ou Morisseau.

Mostières (les), A l’origine de ce nom, le latin monasterium qui a donné « moutier », « mostier » c’est-à-dire un monastère ou une église.

Moulin de la Graizaudière (le), Voir « la Graizaudière ».

Moulin de Launay (le), Voir « Launay ». En ce lieu campèrent les Colonnes Infernales  le soir du massacre du 28-02-1794.

Nouette (la), Du latin nauda qui a donné « noue » : prairie grasse et humide puis « nouette » diminutif ( « petite noue ») mais  peut aussi signifier « ruisseau »(il y en a souvent dans les noues).

Pêcherie (la), Nom fréquent, désignant une réserve de poissons.

Pélerinière (la), Autrefois « Prélinière »(voir le préfixe pré à Pré-Vallée). En patois : Peurlinère. Peut-être en rapport avec la culture du lin (linier ou linière évoquent souvent cette plante). Aujourd’hui isolée, cette ferme était située en bordure du chemin de St Etienne-du-Bois à Mormaison et de Saligny à Rocheservière. Charette y séjourna la nuit qui précéda sa capture( 23-03-1796).

Perraudière (la) Vient du nom de famille Perraudeau.

Picaudière (la), Probablement du nom de famille Picaud.

Plessis-Buet (le), Le « Plessis » est une haie vive faite de jeunes tiges, baliveaux et branches incisées à la serpe, ployées et entrelacées. De l’ancien français : plaissier, du bas latin : plexare(ployer). De la clôture, le nom est passé au terrain enclos et aux châteaux. « Buet » est le nom de famille des seigneurs de ce château : Guillaume Buet, écuyer-seigneur en 1359, Jean Buet, chevalier-seigneur en 1452, Gilles Buet, écuyer-seigneur en 1518, Jacquette Buet, dame du Plessis en 1635 puis par alliance, le Plessis va passer dans d’autres familles.

Poirière (la), Peut désigner un lieu planté de poiriers ou une carrière car le nom poitevin de la poire(paere, père) et de la pierre(pàere, pére) se ressemblent. Dans le cas présent, le village est récent ; il n’est pas sur le cadastre de 1837. C’est sans doute un clin d’œil au village situé en face dont le nom suit. 

Pommeraie (la), Ou Pommeraye. Sans aucun doute, l’origine est un verger de pommiers.

Pré-Vallée, Le mot « Pré » très courant en toponymie vient du latin pratum signifiant « prairie ». Ici, il peut s’agir d’une déformation orthographique et phonétique ; le nom voulant dire « près de la vallée ».

Primaudière (la), La Premandere en 1260. On retrouve « pré » puis « mandere ». Le français « mandre » peut avoir désigné un parc à moutons ou une cabane de bergers. 

Puy (le), Vient du latin podium, hauteur, élévation de terrain. On trouve aussi « Pé » ou « Peu » ayant le même sens. Ce village est située à côté de la Bugelière. 

Rechignière (la), L’origine de ce nom nous est inconnue.

Repas (les), Autrefois le « Petit Repas » et le « Grand Repas ». A l’origine « le Repost »(1260) puis « les Repos ». Situé en bordure de voie romaine(de St Georges-de-Montaigu à St Gilles), ce nom pourrait évoquer un lieu de halte.

Retardière (la), L’origine de ce nom nous est inconnue.

Ricoulière (la), Vient probablement du nom de famille Ricouleau.

Roblin, Ce nom de famille est porté par 2 500 personnes en France et est présent plus particulièrement dans la Nièvre. Une personne de ce nom est-elle à l’origine du village ?

Roche (la Petite), Vient du latin rocca et peut désigner un menhir ou un dolmen(disparus), ou un château, ou souvent une cavité ou une carrière.

Rogerie (la), L’Orgerie en 1260. Vient du latin hordeum dont le dérivé hordearia a donné le français orgère, orgière, orgerie, c’est-à-dire « champ d’orge » ou bien « marché aux grains ».

Rousselière (la), Vient probablement du nom de famille Rousseau dont l’épouse est « Rousselle »( voir Giraudelière). Peut aussi se rattacher à « roussière », lieu où poussent les rouches(paille de roseau).

Sauzaie (la), Dérive du nom latin salicem qui a donné en français : le « saule ». La tisane d’écorce du saule, depuis la nuit des temps, a les mêmes propriétés que l’aspirine puisqu’elle contient l’acide salicylique.

Serpentin, Village récent. Y aurait-il eu une distillerie ?(un café existait avant la dernière guerre) Ou bien un chemin qui serpente ?

 St André, St Louis, St Michel, St Pierre, Ste Anne, Ste Claire, Ste Marie, Ces noms sont donnés à de nouvelles exploitations agricoles durant la deuxième moitié du XIXème siècle dans un contexte de restauration chrétienne. Le culte des saints est à la mode.

St Henri, Logis moderne et ancien moulin à vent.

Suerie (la), dérivé de sur, seür, et du latin sabucus qui signifie le « sureau ».

Taillepied, En 1425, les terres et hébergement de Taillepied sont pris à ferme perpétuelle par Michel Payraudeau aux moines de St Jean d’Orbestier(Château d’Olonne). Quant à ce nom curieux, nous laissons au lecteur le soin de l’interpréter à sa façon : la « taille » était la redevance payée au seigneur par les paysans ; le « pied » était une ancienne mesure de longueur ; la « taille » est aussi le tranchant de l’épée…

Temples (les), Autrefois « le Petit Temple » et le « Grand Temple ». Appelés aussi « Temple Charruau » et « Temple Devineau ». Peut-être des dépendances de l’une des commanderies appartenant aux Templiers. L’ordre militaire et religieux du Temple a été fondé en 1118 à Jérusalem.  

Vigne (la), Vignes (les), La culture de la vigne, en latin : vinea, est à l’origine de nombreux noms de lieux.

Vilgay, Vient de la langue d’oc ; aigue signifie « eau ». A donné villaigue, puis villegue (Villegais, c. de Cassini),et Vilgue qui se traduit par « village près de l’eau ».

Virginie, Au XIXème, des propriétaires terriens donnèrent à leurs exploitations des prénoms de femmes de leur famille(voir Joséphine).

 

Autres lieux-dits :

Anguiller (l’), Ou Languiller ou l’Anglier, allusion au triangle formé par les trois mottes voisines(d’origine préceltiques ?). Seigneurie et châtellenie avec un petit château fort. Des ruines existent encore.

Boismasson (le), Vient des bois et taillis qui bordent la Boulogne. Siège de la seigneurie puis de la principauté de Languiller  du Luc. Famille Mercier de Boismasson aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Châtelet (Place du), Pièce de terre au ras d’une des trois buttes du Petit Luc. Devait être un élément de défense du château féodal du Luc.

Chaume blanc (le), Vient de la racine kalm. C’est un plateau rocheux.

Cour (la), Vieux logis situé avant 1900 à l’emplacement de l’église du bourg. Là, devait siéger le tribunal seigneurial au Moyen Age. Démolie en 1900 pour construire l’église actuelle.

Croix Verte (la), Vient de la couleur de la dite croix.

Malnaye (la), Ou « Male noue », mauvaise noue. « Noue » se dit aussi « née » ou « nay ». Du latin nauda ( voir la Nouette) qui signifie « prairies humides » ou « « ruisseau ». Présence d’un gué où fut massacré en 1794, Louis Michel Voyneau, Curé de Notre Dame du Petit Luc.

Moulin de la Vergne(le), D’origine gauloise, verno(masculin) ou verna(féminin) a abouti à « verne » ou « vergne »(l’aulne). C’est le nom de l’arbre dans plus de la moitié de la France, au sud d’une ligne allant des Vosges à l’embouchure de la Loire. « Une vergne » désigne aussi un barrage dans une rivière, fait de pieux et de fagots, souvent en branches de vergne (d’où l’origine du moulin).

Mortayère (la), Quartier du bourg formé autrefois de trois métairies. En rapport avec la « mort ». On y a trouvé des sarcophages.

Prieuré (le), Près du bourg, ancien prieuré-seigneurie de 1771 à 1785.

Quatifort (le), Origine inconnue. Un très vieux chêne y existait et était autrefois un des seuls arbres des landes de Launay. Point de repère et de ralliement certain, situé en bordure de l’ancienne voie romaine. Une tradition veut que, de là, les bleus ont tiré au canon sur l’église du Petit Luc.

Tonnelle (la), Du latin tonella, tour de garde à proximité du moulin du Petit Luc. Sans doute un poste de garde romain.

 

 Cette étude demande à être complétée : les centaines de noms de parcelles réparties sur l’ensemble de la commune peuvent nous donner des indications intéressantes sur le passé. Récemment nous avons pu localiser et visiter un souterrain se situant dans un lieu appelé « les cavernes ». Des noms sont très évocateurs : « les batailles », « le charnier », la chapelle », « le cimetière » etc…

                                   A suivre…

                                                                                                                                                               

Sources :

Carte d’état-major (2003),
Carte de Cassini (1789),
Cadastre napoléonien (1837),
 « Noms de lieux du Poitou »-Pierre Gauthier 1996,
 « Dictionnaire des noms de lieux de la Vendée »-Jean-Loïc Le Quellec, 1998
 « L’origine des noms de lieux en France »-Stéphane Gendron, 2003
    Notes manuscrites de André Mercier des Rochettes.1956
 

D’après les lieux-dits des Lucs-sur-Boulogne, (Inédit de Mercier des Rochettes)

 
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